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Etymologie
Villeneuve est un nom que l'on donnait aux nouveaux lieux
d'habitation lors de migration de la population d'une région. Il
faut donc imaginer que ce lieu était complètement désert, puis
s'est vu remplir d'un coup par les habitants des métairies proches. Quand
aux Escaldes, c'est un hameau dont l'origine vient des "Aigues
Caldes", les "Eaux chaudes", employés pour désigner
les sources qui y surgissaient. Villeneuve a été créé au Xe
siècle par le comte de Cerdagne.
Le lieu a porté des noms différents en fonction des âges :
Vila nova de Aquas calidas (Xe siècle), Calidis (1058),
Villarium de Villanova (XIIIe siècle), Vilanova de les
Caldes ou Vilanova y Escaldes (XVIIe siècle)
Histoire
L'origine préhistorique récent est avéré à Villeneuve.
Durant le IIe millénaire avant JC, nous sommes pendant
l'age du bronze. Les outils se précisent, notamment pour
l'agriculture. Des haches et des poignards datant de cette époque
ont été retrouvé à Villeneuve.
Au Ve siècle avant JC, les Keretanis
occupaient la Cerdagne. Ceux-ci nous ont laissé de nombreuses
traces de leurs présences, et à Villeneuve c'est au cœur même du
village que l'on a retrouvé ces traces.
Le Village
Ceux sont les romains qui nous ont laissé le plus de traces
antiques. Aux Escaldes se trouvent l'un des deux établissements
thermaux qu'ils ont créé en Roussillon (l'autre est à Amélie les
bains)
Mais la première trace écrite de Villeneuve date de 925. Il
s'agit du testament de Miro II, comte de Cerdagne, dans lequel est
stipulé que l'alleu
de Vilanova est donné à sa fille. Ce document indique donc que
cette ville était déjà présente des années auparavant, mais
nous n'avons pas de traces de ce passé.
Durant les XIe et XIIe siècle, la
seigneurie appartenait à la famille
d'Urg. L'église St Assiscle de Villeneuve est citée pour la
première fois en 1247, mais sa partie occidentale relève de l'art
du XIIe siècle, prouvant qu'elle est plus ancienne que
ça.
Le 16 mars 1247 le "Vilar Vilanova" fut vendu par la
famille Urg à Arnault Mercader et Jean Clément, tout deux de
Puigcerda. Plus d'un siècle plus tard, le 28 décembre 1373, la
famille Clément vend aux consuls de Puigcerda la moitié du vilar.
En 1359 eu lieu un recensement des populations. Ce document, nommé
Fogatge
car il compte les feux (foyers) et pas les habitants, indique de Vilanova
de Las Caldes e la perroquia possède 12 feux, soit 75 personnes
à peu près. (Perroquia, c'est une paroisse)
Les bains des Escaldes
D'origine romaine, leur utilisation s'est arrêté à l'invasion
wisigothique, ceux ci n'ayant pas les même habitude que leurs prédécesseurs.
Puis les carolingiens les délaissent également.
Les 21 mai et 17 juin 1488 le conseil des consuls de Puigcerda se
préoccupe de la restauration des bains des Escaldes. Ils devront le
refaire en 1547, étant donné le pauvre état des bains.
Il faut attendre 1603 avant de trouver le récit de Joan Trigall
qui relate l'état des bains à son époque.
Les Caldes ou Banys sont situés à une lieue environ de
Puigcerda, au Nord; les sources naissent dans un endroit accidenté,
sur le flanc d'une montagne hérissée de gros rochers arrondis
[...] Là jaillissent naturellement des eaux chaudes, en abondance,
dégageant des relents de souffre, à l'intérieur d'un édifice qui
ressemble à une grande chapelle joliment façonnée, en pierre de
taille, voûtée, massive, avec une ouverture et deux portes qu'on
ne ferme jamais. [...] Trois marches de pierre, sculptées tout
autour, permettent de descendre dans un bassin à fond plat et pavé
de pierres rustiques. Entre les dalles sourd en bouillonnant une eau
claire et salutaire. Autour du bassin il y a une large galerie, où
de nombreux lits sont installés pour les baigneurs, s'ils ne désirent
pas séjourner dans une auberge que l'on peut trouver dans les
parages des dits bains. [...] L'eau comme j'ai dis est très chaude,
mais pas au point qu'on ne puisse la supporter; au bout de quelques
instants, ils ressentent une grande chaleur, de même sur le lit où
ils se purifient merveilleusement. Si les bains se trouvent remplis
de gale et d'autres immondices, on peut les vider très bien par
certains tuyaux; ces derniers une fois fermés, le remplissage
s'effectue en une demi-heure, tant l'eau est abondante. Tous peuvent
s'y baigner; grands, petits, hommes, femmes, riches et pauvres, sans
quelques intérêts financiers. Il eut été possible d'en tirer
grand profit, ce qui aurait permis de réparer les dégâts
importants occasionnés par les ennemis français destructeurs, mais
Puigcerda n'a jamais voulu le faire.
En 1687, les bains se composaient d'un lavacrum à côté duquel
se voyait encore quelques traces du sudatorium. En 1756 le roi de
France demande une enquête sur les eaux minérales naturelles françaises.
Les spécialistes viennent aux Escaldes et font ce constat :
Ces bains n'offrent aucun vestige d'un édifice somptueux
et magnifique, [...]. Un vaisseau très simple, assez mal bâti et
qui achève de crouler par vétusté, un bassin de 27 pieds de long
sur 13 et demi de large et trois de profondeur (8,76 x 4,50 x 0,95),
deux sources d'eaux thermale qui jaillissent dans le bassin sans
aucun conduit, nul vestige d'un logement nécessaire à ceux qui
vont prendre les bains, offrent-ils des restes d'un édifice
somptueux et magnifique ?
Le 9 juin 1772 Louis XV inféodait au médecin perpignanais Joseph
Carrère les bains d'Escaldes avec un petit terrain alentour contre
le paiement d'une charge de froment payée annuellement. En
contrepartie il s'engageait à édifier un logement commode à
proximité, à construire deux bassins, un pour les pauvres, un pour
la garnison de Mont-Louis et avoir un préposé pour la distribution
des eaux et la manutention des bains.
Mais il avait le droit de percevoir un droit de 5 sous par bains,
3 sous par jours pour ceux qui consommeraient sur place et 8 deniers
par bouteille de pinte et demi à emporter, les pauvres et les
soldats n'y étant pas assujetti.
Mais face à cette privatisation les habitants de la contrée
envoyèrent un menuisier et un serrurier pour fermer les bains, empêchant
ainsi sa réhabilitation... et son droit de péage. De toute façon
Joseph Carrère fut appelé à Paris à partir d'octobre 1774 sans
finir d'y toucher. Les bains resteront comme ça jusqu'au 28 mars
1804, date où son héritier les vendit à Dominique Vergès, médecin
originaire de Fontrabiouse et François Giralt d'Err pour 940
francs.
Entre 1812 et 1847 l'héritier des deux acquéreurs, le fils
Colomer étant marié à la fille Giralt, dépense enfin pour leur
reconstruction. Il construit de véritables bâtiments, homme et
femme séparés, chambres, cuisine. Le 28 avril 1819 il achetait un
terrain pour agrandir et construire d'autres bâtiments.
Le village a été rattaché à celui d'Angoustrine en 1973,
formant une nouvelle commune : Angoustrine-Villeneuve-des-Escaldes.
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