Origine
Thuir est citée dès le Xe siècle dans des documents
d'époque. C'est une ancienne villa royale, entourée d'une enceinte
qui abritait l'église et le cimetière. Cette enceinte était un
heptagone irrégulier, elle était faite en cailloux roulées. Un
fossé complétait le dispositif défensif de la villa.
Au fils des ans des habitations supplémentaires se sont formées
autour de l'enceinte, formant comme un bourg à l'extérieur de la
minuscule ville. Il fallut donc renforcer à nouveau les défenses
en construisant une deuxième enceinte, flanquée de tours et de
meurtrières. Les travaux durèrent toute l'années 1287. L'enceinte
intérieure apparut alors comme une citadelle, à l'instar de la
ville de Mont-Louis des années plus tard. En 1294 la ville obtient
du roi une charte de consulat.
En 1415 fut construite la chapelle de la Pietat, suivant le style
gothique. Elle fut construite au frais d'un notaire de Perpignan
appelé Pierre Aybri. Elle fut modifiée architecturalement durant
le XVIIe siècle. Elle contient une statue de la Vierge
du milieu du XIXe siècle ainsi qu'une croix reliquaire.
En 1589, un couvent de Capucins
est fondé à l'ouest de la ville, sous gouverne espagnole à cette
époque. Lors de la reprise du Roussillon par les français, les
moines partirent en Catalogne pour être remplacés par des moines
français. La ville a beaucoup évolué au fils des ans. La fontaine en
marbre date de 1777 (photo ci-dessus)
Thuir eu aussi une part importante dans la guerre
franco-espagnole de 1793. Cette année là les espagnols prirent la
ville le 29 juin et la gardèrent jusqu'à 21 septembre, la laissant
après un siège fait par les français.
Avant la révolution, Thuir était très commerçant. Les
domaines d'activités principales étaient la papeterie,
l'imprimerie et la poterie, mais c'est au XIXe siècle
que le village va connaître son heure de gloire.
Gravure du XIXe siècle : Porte de Thuir
»
L'ermitage St Sébastien
Cet ermitage fut fondé en 1415, sa construction fut entreprise
dans la foulée. Les premier ermite y vinrent rapidement. En 1631 on
retrouve l'édifice sous le vocable de St Sébastien, puis en 1688
sous celui de Hermita de Sant Sébastià. Durant le XVIIIe siècle
il fut agrandi. Le dernier ermite quitta ses fonctions au moment de
la révolution française, lorsque tous les édifices religieux qui
n'étaient pas des siège de paroisses durent fermer.
La chapelle fut restaurée en 1976.
L'église paroissiale de Thuir : Notre-Dame de Victoire
L'église Ste Marie de la Victoire de Thuir est un
édifice construit en 1785 sur les bases d'une église romane dédiée
initialement à St Pierre. Elle était inscrite à l'intérieur des
deux remparts de la ville. En 1816 elle changea de St patron : Elle
passa à Ste Marie de la Victoire. De l'église initiale il reste
quelques rares éléments architecturaux, comme une inscription du
XIIIe siècle ou les fonds baptismaux de la même époque. Elle possède
une vierge à l'enfant réalisé vers la fin du XIIIe siècle. Sa
particularité est d'être en plomb, ce qui en fait une Vierge
noire.
L'église contient aussi un bénitier de 1708, deux
cloches de 1686, un grand orgue de 1864. Le retable du maître-autel
et les nombreux retables datent du début du XIXe siècle,
tout comme la chaire.
Le Byrrh
En
1827, Simon et Pallade Viollet, deux frères marchands de tissus
originaires de Corsavy, créé à Thuir un chais destiné à élever
un vin doux naturel sous le nom de Byrrh. Sa popularité allant
croissant, la cave s'est agrandi et, à partir de 1965 elle mettait
en bouteille d'autres marques comme Cinzano, Bartissol
ou Dubonnet. Malheureusement la demande en vins doux s'est amenuisée
et cette activité s'est en partie arrêtée en 1985.
Quand à l'origine du nom de Byrrh, elle est très
spéciale. Les tissus que vendaient les deux frères étaient référencés
sous un code de 5 lettres. Le jour où ils décidèrent de créer le
vin, les lettres du dernier tissu reçu était B.Y.R.R.H. Et c'est
pourquoi on boit aujourd'hui du Byrrh.
Thuir conserve dans cette cave une curiosité : le
plus grand foudre en chêne du monde.
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