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Situation
La baie de Paulilles se trouve après Port-Vendres,
en direction de Cerbère. Au départ de
Perpignan, pour y accéder, il faut prendre la route d'Argelès,
puis poursuivre en direction de Port-Vendres, puis Banyuls
sur mer. Entre les deux, la baie de Paulilles est indiquée.
Attention à la bifurcation, le Conseil Général des Pyrénées-Orientales,
qui gère le site, nous promet un accès moins dangereux.
Ambiance et Style
Paulilles est une station balnéaire récente, très récente.
Elle a été créé de toute pièce par le Conseil Général des Pyrénées-Orientales
qui a racheté le site ainsi que l'ancienne usine de dynamite, à
partir de 2004. En 2006, les équipements sont déjà assez
nombreux, parkings, activités diverses. Pour l'instant, vu que la
plage est assez petite et peu connu, seuls les catalans y vont régulièrement.
Peut-être cela va changer en 2006 avec la publicité faite dans le
département pour ce nouveau site de baignade.
Les amateurs de calme regretteront le côté abandonné
de la baie avant sa reprise par l'administration. Il est vrai que la
demande en terme de plages est toujours grandissante, il faut bien
accepter de développer de nouveaux endroits pour l'accueil des
touristes.
Histoire : la dynamiterie Nobel
Le site de Paulilles n'a jamais vraiment été habité avant le
XIXe siècle. Nul doute pourtant que des pécheurs ont
occupé le lieu, mais aucun village ne s'y est vraiment développé.
Pourtant tout change en 1870.
Cette année là une usine de dynamite appartenant à
Nobel PRB (Poudrerie réunis de Belgique) s'installe sur les
hauteurs de la baie. Ce site est intéressant dans la mesure où il
est relativement éloigné de l'Allemagne, avec qui la France livre
une guerre. C'est Léon Gambetta lui-même qui posa la première
pierre le 3 décembre 1870. Cinq ans plus tard, devant le succès
commercial, les responsables du site ouvrirent une extension vers le
littoral. Un nouvel agrandissement eu lieu en 1879. L'effectif
se porta alors à 100 personnes. La production de dynamite servira
entre autre au creusement du canal de Panama.
Évidemment la fabrication d'explosifs n'est pas une
activité anodine. Ainsi deux accidents mortels se produisirent à
Paulilles. Le premier, 25 juillet 1877. Cet accident provoqua la
mort de trois personnes, deux ouvriers et un contremaître. A cette
époque, c'est 39 ouvriers et 46 ouvrières qui y travaillaient
quotidiennement. Le second eu lieu le 25 juin 1882, à 23 heures.
Une nouvelle explosion fit 19 morts, dont 7 personnes originaires de
Banyuls sur mer.
Peu à peu, les technologies évoluant, l'usine produisit de la
nitroglycérine et des produits en caoutchouc. Bien sûr les
ouvriers vivaient sur place, dans un village qu'ils créèrent de
toutes pièces, avec leurs familles.
C'est ainsi 200 à 300 personnes qui résidaient à Paulilles, et ça
jusque dans les années 70.
En 1966 une partie de son activité d'explosifs fut transférée
à Tautavel. En fait les deux sites étaient
complémentaires : A Paulilles, il restait l'activité de placage de
métaux. Les plaques de métal, une fois préparées, étaient
transportées à Tautavel pour subir les explosions. Il faut savoir
que le site de Tautavel est toujours en activité de nos jours.
L'activité industrielle de Paulilles s'arrête en juillet 1991,
lorsque la préparation des plaques est transférées à la zone
industrielle de Rivesaltes pour éviter
les problèmes de transport.
Signalons enfin que dans les années 80, un projet de port s'est
monté, mais il fut abandonné : le "Port Méry". A
l'origine du projet, Jean-Claude Méry, promoteur et ancien membre
du comité central du RPR.
En 1998 le terrain est acquis par le conservatoire du littoral,
sous financement partagé du Conseil Général. Le conservatoire y a
fait de nombreux aménagements (à partir de l'an 2000). Le site est
désormais géré par le Conseil Général des Pyrénées-Orientales,
qui prévoit d'installer en 2008 un espace dédié à la mémoire
industrielle du site, le futur "Parc Nobel". Après 2008,
des pistes de réflexion sont engagées pour la création d'un vrai
musée, avec partenariats d'une part de la Catalogne Sud (pour avoir
une entité géographique cohérente de l'activité industrielle de
la côte rocheuse) et d'autre part avec la fondation Nobel, en Suède.
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