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Etymologie
Difficile de connaître l'origine du mot "Eyne". On le retrouve
initialement sous le nom de "Esna", qui, en basque, signifie
"Lait à vache". Mais on ne peut pas faire de liens directs entre
la Catalogne et le Pays Basque, même lors de la création du village, entre
les IXe et XIe siècle. Signalons quand même que l'Eyne est un affluent du Sègre, lui-même affluent de l'Ebre, qui se jette dans la mer au Sud de Taragonne.
Histoire
Le village d'Eyne est remarquable
par le fait que le territoire de la commune a été habité très tôt par les
premiers hommes préhistoriques. Nous sommes au néolithique, vers -6000,
et de nombreuses traces d'activités humaines se retrouvent. Les
premières traces évidentes se trouvent à travers les dolmens et les
menhirs, de l'époque mégalithiques (-2200). Ainsi trouve
t-on à Eyne le dolmen de "Lo Pou" ("le puit"), qui a
malheureusement perdu sa dalle, ou celui des "Pascarets",
intact. Il existe plusieurs menhirs sur le site archéologique du
"Pla del Bac", en particulier celui de la Bassouse
et du Pla
del Bosc. Il y a aussi un pont
mégalithique et des pierres à cupules qui sont
des pierres creusées de petits trous hémisphériques typiques du IIIe
millénaire avant JC.
Il faut signaler que la municipalité a fort opportunément créé
un sentier archéologique qui nous fait découvrir les mégalithes
d'Eyne. Ces
lointains ancètres ont été occupé par une colonie issue d'une
civilisation plus moderne du Ve siècle avant JC, les Keretanis.
Ceux-ci occupaient la Cerdagne, ainsi qu'une partie des hautes terres
de l'actuelle Andorre et Espagne. Eyne possède là aussi quelques
vestiges de leurs passages. Il faut savoir qu'aujourd'hui encore certains
cerdans, issus de familles locales, sont les descendants directs des
kérétanis. Colonisé par les romains, les kérétanis ont
été mélangé puis dissous dans le nouvel empire (-121). Puis, en 408,
les romains furent envahit par les peuples dits "barbares", et
après un passage des Vandales,
se sont les wisigoths
qui s'installèrent en Roussillon. Ils prirent en main les constructions
romaines, mais rien ne prouve leur résidence sur le territoire d'Eyne. Ce
territoire fut-il abandonné jusqu'à l'ère chrétienne ? C'est probable,
bien qu'une voie
romaine passait à proximité, traversant la Cerdagne. C'est
en 811, après une guerre de plus de 50 ans qui fit bouger la frontière
virtuelle, que les sarrasins, qui défirent les wisigoths en 735, furent
définitivement chassés de la Cerdagne qu'ils n'avaient d'ailleurs
quasiment jamais vraiment occupés. Charlemagne, à qui l'on doit la
victoire, créa le comté de Cerdagne auquel Eyne fut rattaché. Les
premières traces du village apparaissent dès le IXe siècle.
C'est à cette époque que cette paroisse était appelé "Esna".
L'église initiale n'existe plus de nos jours, elle a été remplacé par
une autre, au XIIIe siècle, du moins d'après sa description
architecturale. Le XIIIe siècle, c'est aussi
l'époque des conflits France-Aragon, et de la construction de la
première série de tours à signaux destinées a protéger le territoire.
Eyne en possédait une qui était en relation avec d'autres de Cerdagne.

Tour
d'Eyne
La paroisse apparaît dans le fogatge (recensement)
de 1359, un document
recensant la population des villages de Cerdagne. Il y est indiqué "Heyna
del prior de Cornella", c'est à dire "Eyne du prieur de
Corneilla" (de Conflent). Le village appartenait donc à ce puissant
prieur dont l'histoire est jointe à celle des comtes de Cerdagne. Le fogatge
de 1359 recense 15 personnes à Eyne, c'est à dire 80 personnes à peu
près. Ca fait du village un gros bourg pour l'époque.
Par la suite l'histoire du village se confondra avec celle
de la Cerdagne, jusqu'à la création de la station
de ski dans les années 70.
Le patrimoine d'Eyne est essentiellement tourné vers la période
néolithique, la ville disposant d'une importante quantité de
mégalithes de cette époque. Citons le dolmen des Pascarets,
le menhir de la Bassouse,
celui du Pla
del Bosc, le pont
mégalithique, etc.
Il y a aussi bien sûr le patrimoin bâti de la ville, mais il
est assez restreint : L'église vaut le coup d'oeil, ainsi que le
monument aux morts.
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