Etymologie
L'origine du nom de Collioure est incertaine. Il semble qu'il soit issu
de l'expression Kouk-Illi-Berri signifiant "Port de la ville neuve"
dans les langue pré-romane. Voyez également les explications sur son
blason. Préhistoire Situé sur la côte
méditerranéenne, l'anse de Collioure ne semble pas avoir été habité
durant la préhistoire. Les premières traces d'activités humaines dans
la région se trouvent durant le néolithique ancien, aux alentours du
IIIe millénaire. Le peuple qui occupait les Albères édifia les premiers
dolmens et menhirs, ceux là même que l'on peut voir de nos jours. Antiquité
Vers
-500 commence l'époque de l'antiquité, avec l'invasion du Roussillon par
les celtes.
Ceux sont eux qui fondèrent Collioure et, semble t-il, lui donnèrent son
nom. Il s'agissait probablement d'un grand port de commerce, les
principales liaisons étaient réalisées avec la Grèce dès le VIe av.
J.-C. Après l'occupation romaine, la ville fut reprise pour leurs
comptes. Il faut dire que les romains n'ont pas vraiment livrés une
conquête militaire mais plutôt une invasion semi-pacifique destinée à
récupérer les ressources naturelles et les infrastructures celtes.
Devenue romaine, Collioure fut appelée "Cauco Illiberis",
Illibéris étant la ville d'Elne, et poursuivit le
commerce, essentiellement du vin. Des vestiges d'une tombe romaine ont été retrouvé à Collioure, exactement au col de Mollo. En
408 les peuples germaniques fuyent les invasions des huns et tentent de
trouver refuge auprès de l'Empire romain. Mais celui-ci n'est plus
capable de les protéger, ce qui provoqua sa chute. Ces peuples
tournèrent quelques années en Europe le temps de se fixer sur un
territoire donné. Le Roussillon fut inclu dans l'Empire wisigothique de
Toulouse, qui occupait tout le Sud de la France et la péninsule
ibérique. Nous n'avons pas de traces de l'occupation des wisigoths
à Collioure, hélas. Pas plus que des sarrasins,
qui enfoncèrent en 735 l'actuelle Espagne et furent arrêtés par les
francs. Repliés sur la péninsule ibérique, ils furent définitivement
rejetés du Roussillon en 811 par Charlemagne. Commence alors l'époque
carolingienne.
« Les rues commerçantes
Moyen-âge Nouveau possesseur du Roussillon,
Charlemagne y instaure le système féodal et découpe la région en
comté. Collioure est rattaché au comté du Roussillon, mais il ne s'agit
plus que d'une ville inhabitée. Au Xe siècle les nouveaux
francs venus du Nord de la France commencent à reconstruire une ville
autour d'une église, probablement sous la direction d'une des grandes
abbayes des Albères : St pierre de Rodes, St Génis des fontaines, etc. On
retrouve Collioure dans un acte de donation d'un terrain par Pierre
II, comte de Barcelone et nouveau roi d'Aragon, aux Templiers du
Mas Deu. Ce
terrain, situé entre le port et le château médiéval, fut utilisé pour
construire une second château, propriété des templiers et destiné à
protéger les intérêts des moines. Ce château n'était en fait qu'une maison
fortifiée. L'année suivante l'évêque
d'Elne leur donna l'église du village ainsi que
tous les revenus qui y afféraient. La ville n'était donc pas une
propriété des templiers mais s'en approchait. Le château médiéval,
une propriété du roi, fut peu à peu modifié, le port se développa et
Collioure commença a avoir plus de poids dans la région. Bloqué dans
ses conquêtes vers la France suite à la défaite de la bataille de
Muret, le nouveau roi Jacques
1er le Conquérant se tourna vers la mer et lança ses conquêtes vers
la mer. Le royaume d'Aragon devient alors un puissant royaume maritime,
les ports de Collioure et de Port-Vendres
devenant des points d'attache de la flotte, de même que les nouveaux
ports des îles Baléares. A la fin du XIIIe siècle Jacques
1er voulut re-examiner la situation foncière de chaque propriétaire pour
calculer l'imposition des habitants des villes royales. Il y avait 6
villes royales à cette époque. Deux dignitaires vinrent en 1295 à
Collioure écrire les déclaration des propriétés des habitants, ce
document existe toujours, il est nommé "capbreu".
Un capbreu, de nos jours, est tout simplement le plus ancien cadastre que
nous ayons d'une ville catalane.
Passée ville du royaume de Majorque pendant près de 80 ans, Collioure
était toujours une ville royale au XVe siècle. En 1424 il changea de
commandement, passant à Bérenger
V d'Oms, qui obtient ce titre de façon héréditaire. Ainsi ses
descendants furent également gouverneur du château de Collioure. En 1428,
soit 4 ans plus tard, il compléta ses titres en se faisant nommer par la reine Amélie
Châtelain de Collioure, en même temps qu'il obtient le bailliage
de la ville que la famille conservera jusqu'à la révolution. Les
habitants furent donc sous la direction effective de la puissante famille
d'Oms.
Passé à la couronne d'Aragon avec le royaume de Majorque, Collioure
fut occupé par Louis XI puis rendu à l'Aragon par Charles VIII. Durant cette période Louis XI renomme Collioure pour l'appeler St Michel, cette appelation durera de l'année 1475 à 1481.
Charles
Quint renforça les défenses du château et construisit le fort
Saint-Elme qui ne résista pas à Turenne en 1642. Le fort St Elme fut également sous la responsabilité de la famille
d'Oms jusqu'au début du XVIIe siècle. C'est en effet Antoine
d'Oms qui cèdera l'alcayde de Collioure à son neveu Henri de
Sentmanat.
Au XVIe siècle les fortifications de la ville furent renforcée une première fois, elle le seront une seconde après le traité des Pyrénées en 1659.
Collioure aujourd'hui »
La première moitié du XVIIe siècle est marqué par la conquête militaire du Roussillon par la France. Cette guerre, nommée Guerre de 30 ans, aura de lourdes conséquences pour
Collioure, qui tombe en 1642. Le roi de France mandate Vauban, architecte royal, pour fortifier le Roussillon. En tant que place forte, Collioure devient ville de garnison. Le château fut entouré d'un glacis qui supprima l'ensemble de la vieille ville qui se trouvait à ses pieds. La population fut invitée à se déplacer à Port-Vendres, mais les habitants purent obtenir l'autorisation de reconstruire leur ville à peu plus au Nord, en fait à son emplacement actuel.
Renaissance
La ville suivit la destinée du Roussillon et fut réoccupée
par les Espagnols en 1793, mais reprise par Dugommier en 1794, au cours de
la fameuse guerre de 1793. Cette reprise de la ville fut réussie entre autre par une batterie de siège face au fort St Elme pour déloger les troupes du général Navarro. Cette batterie provisoire fut transformée en établissement définitif en 1844 sous le nom de "batterie Dugommier". Elle représente le premier exemple sur la côte rocheuse du passage de la fortification en redoute à la fortification polygonale en partie enterrée.
Les dernières fortifications de Collioure datent de 1871, juste après la guerre. On réalisa des routes stratégiques contrôlant l’arrière pays, sur la fortification de la crête Madeloc, avec les batteries de la Galline, des 500 et de Taillefer, ainsi que la construction du fort Béar de Port-Vendres, au-dessus de cap du même nom. Par la suite Collioure perdit
son intérêt stratégique avec la pacification entre les deux pays. Le
port fut déclassé et redevient un port de commerce et de pèche.
Collioure se lança dans la production viticole, comme beaucoup de
villages du Roussillon, et réussi à faire des vins de qualité. De
nos jours Collioure est une ville charmante, touristique, aux traditions
vives.
Collioure possède un patrimoine assez riche. Tout
d'abord, la Chapelle St Vincent, (1642), une chapelle construite sur un rocher de schistes à l'extrémité de l'anse de Collioure.
Vous en avez un dossier détaillé en cliquant
ici.
Il y a aussi St Nicolas du cimetière (1558)
et St Sébastien de la Punta (1528), sans compter les nombreux
oratoires que l'on trouve un peu partout sur le territoire de la ville.
Celle-ci possède aussi un ancien couvent de dominicains du
XIVe et XVe siècle, dont l'église, classée aux Monuments Historiques, est à nef unique et avec des chapelles entre les contreforts. Cette église possède encore des vestiges de son croître vendu en 1938 et qui se trouve actuellement dans une cave coopérative vinicole.
Notre Dame de Consolation
est un ermitage situé à quelques kilomètres dans les terres. Voyez ici
le dossier
qui lui est consacré. Collioure est également connu
grâce à son paysage si caractéristique dans lequel se trouve toujours
l'église Notre Dame des Anges. Elle aussi a un dossier à lire en cliquant
ici. « Le front de mer de Collioure
Sinon l'architecture militaire est aussi grandement
représenté : Le Fort St Elme (Dossier
ici) domine la ville et celle de Port-Vendres, le château royal
bien sûr (Dossier
ici), le fort du Miradou qui est issu de la transformation par Saint-Hilaire en
1674 d'un ancien château médiéval,
la tour de la douane (XIVe siècle), celle de la Madeloch
(XIVe siècle aussi, dossier
ici). De plus, sur le Pla de "les Forques", au-dessus de Collioure, un complexe exceptionnel composé du
Fort Rond et du Fort Carré fut construit entre 1726 et 1770. Il avait pour rôle de protéger les fortifications existantes, les progrés de la balistique les rendant moins efficaces.
Le fort carré, avec la tour de l'étoile et le chemin couvert est
toujours tel qu'il a été construit en 1758, puis modifié en 1824. Il
est classé depuis le 11 février 1991. Durant la seconde guerre mondiale
il a été assez abîmé (par le fait qu'il fut occupé), puis il a aussi
subit des dégradations récentes (tags par exemple) Citons aussi la batterie Dugommier, qui a été cité plus haut. Reste
enfin un riche patrimoine civil, dont les rues du village n'en sont les
derniers représentants. Le moulin de Collioure est aussi une
oeuvre directement venue du Moyen-âge, il est utilisé aujourd'hui. A son
propos, une plaque annonce, à ses pieds, son histoire. Voyez cette
page pour en savoir plus.
| Evolution de la
population |
| Années |
Feux (*) |
Habitants (*) |
| 1292 |
495 |
|
| 1355 |
449 |
|
| 1378 |
395 |
|
| 1424 |
636 |
|
| 1470 |
222 |
|
| 1515 |
180 |
|
| 1709 |
259 |
|
| 1774 |
|
2032 |
| An XII |
|
2120 |
| 1820 |
|
3210 |
| 1872 |
|
3832 |
| 1931 |
|
3111 |
| 1962 |
|
2774 |
| 1990 |
|
2726 |
(*) : Un feu est une unité de mesure du
moyen-âge correspondant à un foyer. Il y avait à peu près entre
8 et 10 personnes par feux/

Collioure, par Louis Nicolas de Lespinasse (1734-1808),
dessinateur. (dessin à la plume et encre de Chine, aquarelle)
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