Tiens, une
anecdote au sujet de Catllar. Pour faire des recherches généalogiques,
j'ai eu besoin de me faire situer Fuilla. Pour ça, un habitant de Codalet
(s'il se reconnaît, bonjour à lui !) m'expliqua qu'il fallait prendre la
direction de Caillar. Un peu étonné, j'ai mis un moment à comprendre
qu'il s'agissait de Catllar, prononcé avec un parfait accent catalan !
Bon, à présent que vous savez comment ça se prononce, voyons son
histoire.
Etymologie
Le nom de Catllar, comme le fait deviner le
blason de la ville, vient du mot "château", en catalan "Castla".
Histoire Le site de Catllar possède des dolmens et même plusieurs menhirs,
attestant de la présence humaine dès -2200, l'époque mégalithique. «
Catllar
Les premiers habitants de la région furent envahis durant les millénaires précédents notre ère par les ibéros-ligures, puis vers -500 par les
celtes et
enfin les romains (conquête en -121). A la chute de l'empire romain, ni les
wisigoths (412), ni les
sarrasins (735) n'ont laissé de traces sur le site. Il faut dire que ces deux peuples n'ont quasiment pas bâtis et leurs restes sont très rares.
Il faudra donc attendre l'arrivée des carolingiens en 811 pour que
naisse le système féodal. Les soldats de Charlemagne ayant conquis le
territoire, ils firent venir des moines, la plupart du temps de l'empire
sarrasin au Sud, pour bâtir des grandes abbayes qui, au fil du temps,
essaimèrent des chapelles un peu partout dans la région, certaines ayant
été le point de départ des villages tels que nous les connaissons
aujourd'hui. La première
mention du village de Catllar date du 13 septembre 948, il apparaît sous le nom de
Villa Castellano (Villa de
Castellan, en catalan "de Castille"), ce qui a donné Castllà et plus tard,
par déclinaison phonétique, Catllar.
A la
révolution française, un arbre (un ormeau) de la liberté fut planté au
centre de la place du village, en 1789. Il a été remplacé par un
olivier, que l'on peu voir de nos jours.

Catllar et l'emplacement de Notre Dame de Riquer
Eglise paroissiale St André Son église fut consacrée en 1073 et placée directement sous le contrôle
de Saint
Michel de Cuxa. Il s'agit d'une église romane (évidement) dédiée à St
André. Architecturalement, St André possède une abside semi-circulaire,
un clocher surmonté d'une belle cage en fer forgé et contenant une
cloche provenant de la chapelle
St
Martin de Boaça, près d'Alénya. Son chevet est
superbement décoré d'arcatures aveugles. Cette église sera largement
modifiée en 1662. Elle contient quelques intéressants retables : le
retable du Rosaire (1681), celui du maître-autel (1688), de
St Nicolas (1695), de la pietà (XVIIe
siècle), du Christ (XVIIe siècle), de St Roch (Fin XVIIe
siècle), de St Jean-Baptiste (XIXe siècle). Elle contient
également une Vierge à l'enfant du XIVe siècle, une Vierge de
1508 ainsi qu'une statue de St Jacques du XIVe siècle. La
place centrale »
La chape de Catllar
L'église de Catllar contient un trésor des plus intéressants, il
se compose entre autre d'une magnifique chape en velours pourpre.
Voici sa description telle qu'elle figure sur les panneaux
explicatifs faits par le Conseil Général qui en a assuré sa
restauration.
Eglise St André de Catllar
Matériaux : velours, soie, or, argent, chanvre
Datation : XVIe siècle (1589)
Auteur : Marti Laredo, brodeur à Perpignan
Dimension (H x L) : 139,5 x 301 cm
Propriétaire : Commune de Catllar
Classé monument historique : 12.02.1892
Restauratrice : Isabelle Bedat (2005)
Description
Chape à fond de velours rouge : Deux lés de velours placés
horizontalement et morceaux de lés pour compléter.
Orfroi, description technique : broderie sur toile grossière
(type bougran), filés or et argent, soies polychromes (vert,
bleu, rose, jaune, orange)
Carnation des personnages et certains vêtements au passé plat
empiétant avec de nombreux dégradés; fils métalliques liés au
point de Boulogne individuellement par deux ou préalablement
torsadés 2 à 2 en fonction du motif réalisé : chevrons,
losanges.
Orfroi, représentation 'drapés en haut, en partant de la gauche)
St Roch, St Jacques de Compostelle, St Michel terrassant le
Dragon, Dieu le Père en buste (placé au centre au dessus du
chaperon), la Vierge à l'enfant, St Jean-Baptiste avec l'agneau,
St Sébastien.
Bordure de l'orfroi : Souligné par un motif de damier au filé
d'argent (âme en soie orange)
Galon de l'orfroi : Taffetas de soie vert pâle.
Chaperon : Il a la forme d'un écusson; représentation de St André
jeune (il est représenté âgé sur la chasuble) placé devant un
autel, lequele st constitué de deux dais architecturés cousus à
l'envers. Ces morceux sont des remplois de la chasuble. Le sol est
constitué d'un carrelage multicolore et deux arbres s'enracinent
dans l'autel et s'élancent vers le ciel.
Doublure : Toile de bougran bleu. Une lé de bougran : 93 cm.
Doublure du chaperon : Toile de bougran rose.
Triplure : toile écrue grossière.
Patte de fermeture (placée au niveau de la représentation de la
Vierge et de l'enfant) : Verte côté intérieur et en damas de
soie rouge à motifs floraux côté extérieur. Cette patte n'est
pas originale, elle a été remplacée à une date inconnue. En
effet, dans le contrat de commande de la chape, il était précisé
que le brodeur devait figurer les armes de Catllar et mentionner
la date de confection sur la patte.
Notre Dame de Riquer
Le territoire de Catllar abrite également les restes du prieuré de Notre Dame de Riquer, datant du début du XIe siècle.
Vous en saurez plus à son sujet en lisant l'article qui lui est
consacré. (Cliquez ici)
St Jacques de Calaons
L'église St Jacques de Calaons, aussi appelé St Jacques de
Calahons, est celle
d'un ancien prieuré cité en 1391 sous le nom de Prioratus Sancti
Jacobi de Casalonibus (Prieuré St Jacques de Casalonibus).
Auparavant elle était déjà citée en 1225 (Ecclesia Sancti Jacobi).
Le fait
qu'au XIVe siècle Catllar est eu dans ses environs deux
prieurés n'est en soit pas une surprise, ces années là virent la
multiplication des prieurés dans toute la région. Mais comme beaucoup
d'entre eux, St Jacques fut sécularisé à une époque inconnue, puis
abandonnée. Le prieuré fut oublié de tous, jusqu'au XVIIe
siècle.
En effet la fin du XVIIe siècle est marqué par l'essor de
l'érémitisme. De
nombreux anciens lieux de culte, chapelles castrales, églises rurales,
furent réhabilités et réaménagés afin qu'un ermite puisse y vivre. Il
faut dire que l'ermite, à cette époque, vivait isolé mais au sein de la
société catalane : Il était le conseiller de la population locale, qui
se tournait vers lui pour chercher réconfort et conseil.
En
1688 St Jacques réapparaît dans les documents sous le nom de Hermita
de Sant Jaume de Calaons. Il connaîtra différents ermites avant de
subir les foudres de la révolution française. En 1790 les lois
anti-cléricales supprimèrent tous les édifices religieux qui n'étaient
pas des paroisses. St Jacques fut condamné à fermer, mais pu rouvrir
quelques années plus tard quand ces mêmes lois furent assouplies. En
1899 l'ermitage fut complètement restauré, puis en 1926, face au manque
d'intérêt des populations pour leurs ermites, l'ermitage ferma une
deuxième fois, définitivement cette fois. Il fut vendu à l'évêché cette
année là, puis fut vendu à nouveau à la commune de Catllar en 1986. La
commune le restaura à nouveau en 2000, mais c'est une association qui
gère désormais l'avenir de cette église.
Cette église contient de nos jours un retable daté de
1629.
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