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Préhistoire
Caramany a la chance de posséder sur son territoire un ensemble très
riche de vestiges de l'époque néolithique. Il faut dire que de tels
vestiges sont fréquents en Fenouillèdes, les plus visibles étant les
fameux dolmens.
Mr Vignaud, chargé d'Études et de Recherche à l'INRAP, m'a donné
les indications suivantes sur cette période à Caramany.
"Lors des fouilles archéologiques effectuées dans le cadre de la construction du
barrage, 3 habitats du Néolithique, parfois stratifiés du Néolithique ancien
au Néolithique final ont été découverts et fouillés, et surtout une importante nécropole (Le Camp del Ginèbre) des débuts du Néolithique moyen,
forte de 23 tombes, dont 3, tumulaires, de 7 m de diamètre. Pour la première
fois, des incinérations secondaires mais aussi primaires y sont attestées,
faisant de ce site une importante référence, à l'échelle nationale mais
aussi internationale. De nombreuses prospections pédestres exécutées alentour (hors projet du barrage) ont amené par la suite, la découverte, en
plusieurs points du territoire, de 17 sites allant du Néolithique ancien (5500 av.) au Bronze ancien (2000 av.).
Il semblerait, vu cette forte densité, que Caramany et sa cuvette, à proximité de l'Agly, se
positionne comme un important centre situé sur un axe de communication naturel très fréquenté, faisant la liaison entre
Bélesta et la vallée de la Têt, jusque vers le nord, et l'Ariège par le Col Saint-Louis (probables
chemins de transhumances)."
Histoire
Par la suite la région a été occupé par les celtes,
puis les et romains. Bien que ceux-ci s'installaient un peu partout, le territoire
de Caramany n'a pas conservé de reste de cette époque. Il faut attendre
l'arrivée des carolingiens en 811 pour que soit instauré le système féodal,
et avec lui la création de la vicomté de Fenouillèdes.
Caramany en était une possession. Le vicomte y possédait son château, comme
bon nombre de villages de la région. Mais
curieusement on a très peu d'informations sur la famille seigneuriale qui
y vivait. D'ailleurs quelques membres de cette famille sont devenus des miliciens du Temple du
Mas Deu.
Au XIIIe, puis au XIVe siècle le
château fut rebâti, les vestiges qui nous sont parvenus datent de cette
époque, en particulier la porte de l'enceinte (XIIIe siècle) L'église paroissiale St Etienne, classée, date du
XVe siècle. Son clocher fut reconstruit en 1848, il a une forme assez étrange (classé monument historique). St Etienne possède un maître-autel en marbre du
XVIIIe siècle et des fonts baptismaux du XVIe. Sa statuaire est également assez intéressante, avec en particulier 3 statues polychromes du
XVIIe siècle et une croix processionnelle du XVe ou
XVIe siècle.
La
ville fut rattachée à la Révolution au Roussillon lors de la formation
du département des Pyrénées-Orientales (1790), comme l'ensemble du
Fenouillèdes.
C'est en 1813 que sera construite l'ancienne fontaine qui existe
toujours aujourd'hui.
Vue de Caramany
Dans les années 1990, le conseil général du département a fait
construire sur la commune de Caramany un barrage sur l'Agly, la rivière côtière
la plus au Nord. Le lac qui s'est formé s'allonge sur plusieurs kilomètres
de long, c'est un haut lieu de la pêche.
Le barrage de Caramany
Le barrage de Caramany contient 30 millions de m3 (25 millions pour celui de Vinça). Il a été mis en eau la première fois en novembre 1994. Il mesure 57 mètres de haut et 260 de large. Du
1er juin au 30 juin il entre dans sa phase de remplissage. Du 1er juillet au 30 septembre, c'est le déstockage et du
1er octobre au 31 mars il est quasiment vide, prêt pour l'écrêtement d'éventuelles crues.
(Voir l'hydrologie des
Pyrénées-Orientales)
Une petite remarque à son sujet : Son nom officiel est le barrage de
l'Agly, et il est construit en fait sur la commune de Cassagnes,
et la retenue d'eau est à 10% sur cette commune, et à 90% sur celle de
Caramany. En fait, l'appelation "Barrage de Caramany" vient du
fait que c'est le village le plus proche, celui duquel on voit le mieux le
plan d'eau.
Le
Barrage de Caramany
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