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Préhistoire
Camélas est bâti sur un site préhistorique. Il existe comme un peu
partout dans la région un dolmen, le "dolmen du Caixeta" au
lieu dit Solar del Mouton, qui a été érigé durant l'époque mégalithique,
vers -2500 ans. (monument historique depuis le 7 octobre 1959)
Origine du village : Un éclatement de hameaux
Par
la suite la région a été occupé par les ibéro-ligures, puis les
celtes et romains. Bien que ceux-ci s'installaient un peu partout, le
territoire de Camélas n'a pas non plus de reste de cette époque. Il faut
attendre l'arrivée des carolingiens en 811 pour que soit instauré le
système féodal. Au XIe siècle la vicomté de Castelnou
prends son essor et étends son pouvoir sur les Hautes Aspres et le
Vallespir. Camélas bascule alors sous sa domination.
Le village lui-même apparaît en 878, il est cité dans un document par son
église et son château. A cette époque, ce coin des Aspres était
constitué de quatre lieux-dits, chacun étant une paroisse, donc ayant sa
chapelle. Au Nord, c'était Rellà, près de la
plaine Vallcrosa, au Sud Polig, Camélas et Quérubi. Tous ces hameaux se sont peu à peu
regroupés pour former une unique ville.
Camélas
Au XIIe siècle la famille de Castelnou ordonna de fortifier
Camélas, c'est ainsi qu'apparurent la cellera (enceinte
fortifiée). Un château y fut bâti, il en reste encore des ruines de nos
jours, sur les hauteurs du village.
L'église romane du village date du XIe siècle, son portail
en marbre rose conserve sur ses piliers la mémoire de la mère d'un
seigneur du village. Dédié à St Fructueux, elle possède un retable du
maître-autel fait par Lazare Trémullas
(1644). Vers 1425, douze tableaux assemblés en un seul retable ont été
commandés au peintre anonyme, baptisé Maître du Roussillon. Ce chef d'œuvre
du style gothique international est un fleuron de la peinture européenne.
Il raconte la vie de Saint Nicolas. L'église a un chevet préroman flanqué
de 2 absidioles et une nef unique plus tardive, de 1380. La porte est dotée
de nombreuses pentures en fer forgé. St Fructueux héberge de nombreuses
pièces historiques : Une Vierge du XIIe siècle en est le plus
ancien exemple.
Rellà
Situé au Nord de Camélas, le hameau de Rellà possède une chapelle
dédiée à Ste Cécile.
Vallcrosa
Vallcrosa est un hameau à l'Ouest de Camélas. Sa chapelle est
dédiée à St Michel. Il s'agit d'un petit édifice à nef unique sous voûte en berceau. Les murs ont un bon appareillage, parfois en arrêtes de poisson. Elle dispose d'un portail sous un arc en plein cintre.
St Michel fut transformée en grange, elle est aujourd'hui englobée dans des constructions plus ou moins contemporaines.
Polig
Polig se trouve au Sud par rapport à Camélas. Ce hameau ne possède
à priori pas de chapelle.
Quérubi ou l'ermitage St Martin de la Roca
Quérubi est l'ancien nom du pic surplombant Camélas au Sud Ouest. Son
sommet porte
la chapelle St Martin de la Roche (San Marti de la Roca en catalan). Il
s'agit d'une église romane composée d'une nef et d'une abside
semi-circulaire orientée. Son chevet est orné d'arcatures aveugles et de
lésènes. Elle fut remaniée au XIVe siècle par l'adjonction
d'une seconde nef au Sud. Globalement, la chapelle mesure 6m50 par 9m60,
logement compris. Elle est en forme de trapèze.
Son histoire commence en 1259, année où elle apparaît dans les textes
sous la forme Ecclesia Sancti Martini de Rupe. Cette chapelle
servait à maintenir un lien religieux entre les familles vivants dans le
coin. Peu à peu elle sera abandonnée, ces familles se déplaçant vers les
autres hameaux de Camélas.
En 1644 l'abbé Honoré Ciuro (Honorat Ciuro) décide de transformer la
chapelle en ermitage. Cette modification est typique de cette époque, la
fin du XVIIe siècle a vu se multiplier les
ermitages, rendant
vie aux nombreux édifices religieux abandonnés (chapelle castrales,
anciennes paroisses, etc.) Ce fut donc ainsi que l'ancienne chapelle de
Quérubi devient un nouvel ermitage, St Martin de la Roca. Deux ans plus
tard, l'ermitage fut doté d'un logement. Jusque là, l'ermite vivait dans
sa chapelle.
Il faut savoir qu'un ermite, à cette époque, vivait isolé mais au
sein de la société catalane : Il était le conseiller de la population
locale, qui se tournait vers lui pour chercher réconfort et conseil. St
Martin connaîtra de nombreux ermites (7 rien que dans les 20 premières
années). Il faut dire que les conditions de vie à St Martin étaient
particulièrement rudes. En 1790 les lois anti-cléricales supprimèrent
tous les édifices religieux qui n'étaient pas des paroisses. Il fut
condamné à fermer, mais pu rouvrir quelques années plus tard, en 1801,
quand ces mêmes lois furent assouplies. En 1838 il subit une première
tranche de travaux, la restauration de la toiture du logement. A la fin
du XXe siècle, ce fut le tour de la chapelle (1969), puis du
logement à nouveau (1977)
Evolution de la population
| Années |
Habitants |
| 1856 |
607 |
| 1881 |
487 |
| 1946 |
305 |
| 1975 |
268 |
Depuis 1975, la population recommence à croître doucement.
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