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Superbe palais situé en plein cœur
de Perpignan, ce bâtiment a été pendant un siècle le centre de
l'éphémère royaume de Majorque
« La tour de l'Hommage
Histoire
Le palais des rois de Majorque est né de la volonté de Jacques II qui
désirait une demeure dans sa capitale continentale. En effet depuis 1276
le royaume de Majorque fut créé sur une partie du royaume d'Aragon,
exactement en prenant les îles Baléares, la ville de Montpellier et le Roussillon et la Cerdagne.
Le château fut commencé avant 1274, c'est à dire deux ans avant le
décès de Jacques 1er, évènement qui marqua officiellement la
séparation des deux royaumes. Jacques 1er avait donc fait savoir bien
avant son intention de séparer en deux son royaume. Sa construction se
déroula sur 35 ans, la fin étant marquée par la consécration des
chapelles en 1309.
Le maître d'œuvre au lancement de la construction était Ramon
Pau, il fut suivi par Pons Descoy. Ceux-ci choisirent le style
gothique, caractérisé par des grandes arches. Les murs sont en
galets de rivière et en briques liés au mortier, le tout enduit de
chaux et peints. La pierre de taille a été largement utilisée
pour tout ce qui est anguleux : Portes, fenêtres, angles des murs,
escaliers, et surtout les tours. On choisit à l'époque un peu tout
les marbres disponibles dans la région (bleu, rose, rouge, blanc)
Les chapelles du rez-de-chaussée, fastueuses, indiquent tout le raffinement que ces rois portaient au monachisme
franciscain. Elles se
superposent pour s'élever en donjon féodal, si caractéristique de ce
bâtiment.

Légende
1. Tour de l'hommage
2. Salle à manger du roi
3. Palais blanc
4. Chambre primitive du roi
5. Salle de Majorque
6. Galerie et portail de la chapelle haute
7. Chapelle Ste Croix
8. Appartements du roi
9. Galerie de la reine
10. Salle à manger de la reine
11. Chapelle Ste Madeleine (au rez de
chaussée)
Le plan de visite du Palais des rois de Majorque
détaille ces points, en voici une reproduction.
L'entrée du palais est protégée par un fossé et
une barbacane crénelée. La porte d'origine était percée du
côté Sud de la tour de l'Hommage adossée à l'étage à la
salle du trône.
En 1337, Jacques III publie les "Lois
Palatines". Ce texte novateur, rédigé en latin et
illustré de miniatures, décrit minutieusement l'organisation
des services de la cour et la vie du palais. Il est conservé à
Bruxelles (Bibliothèque royale Albert 1er)
Dans l'aile Sud, la Grande Salle, l'aula, de style
gothique méridional, accueillait banquets, conseils royaux et
parlements. Ses murs peints étaient tendus de tapisseries. Elle
conserve sa cheminée près de laquelle un escalier communiquait
avec les cuisines au rez-de-chaussée.
L'art de la table est raffiné à la cour. Aux
XIIIe et XIVe siècle, véritable âge d'or, on écrit en
Catalogne le "Sent sovi", premier recueil culinaire.
Sucré-salé, aigre-doux, épices orientales donnent à cette
cuisine des saveurs étonnantes. Le décor est au diapason : sol
jonché de plantes aromatiques, nappes de draps blancs brodées,
céramiques de "Manises", vaisselle d'or et
d'argent,...
On accède à la chapelle haute, dédiée à la Sainte
Croix, par une galerie. Sa façade en marbre s'orne d'un portail
en plein cintre qui reçoit une porte de style mudéjar. A
l'intérieur, les clefs-de-voûte et les culs-de-lampe sont ornés
de saints et d'anges. Une frise inspirée de la calligraphie arabe
court au-dessus de fausse tapisseries peintes. De part et d'autre
du choeur, des trompes d'angle soutiennent de fausses baies. Des
meurtrières protègent les vraies fenêtres. Les
plafonds peints de la chapelle basse »
Au dessous se trouve la chapelle Ste Madeleine
prolongée par la sacristie. Ici, les saints et les anges sont
remplacés par des fleurs, des feuilles et des fruits sculptés et
peints. Le carrelage mudéjar, d'inspiration hispano-mauresque et
la frise (grecque) donnent au décor un caractère
méditerranéen. Les vitraux des chapelles ont été restaurés.
On suppose que la chapelle haute était réservée au roi et aux
grandes célébrations tandis que la chapelle basse servait à la
reine.
Perpignan accueille de nombreux ordres
religieux. Les Mercédaires, chargés du rachat des chrétiens
captifs des maures, sont soutenus par le rois et les seigneurs.
Les templiers, diplomates et gestionnaires, veillent sur le
trésor royal jusqu'à la dissolution de l'ordre (1312). Les
ordres mendiants, dominicains et franciscains surtout, sont
très influents dans tous les milieux : leur idéal de pauvreté
séduit les petites gens et les marchands délaissés par
l'Eglise. Un
profond élan de spiritualité franciscaine gagne la famille
royale : le fils aîné de Jacques II renonce au trône et se
fait moine franciscain au couvent de Perpignan.
La tour des chapelles domine les appartements royaux
qui communiquent par un couloir. Le souverain logeait côté nord,
son épouse côté Sud. La loggia de la cour de la reine conserve
un superbe plafond. Jusqu'à la construction de la citadelle, un
pré séparait la ville du palais, au-delà du fossé nord. A
l'est se trouvaient une figueraie et une oliveraie. Au midi, un
verger de treilles, d'orangers et de citronniers s'étendait entre
le bâtiment et le rempart sud de la cité. « les
chapelles hautes et basses
Dans
les années 30, alors que les remparts de Perpignan étaient en
pleine démolition, le palais des rois de Majorque avait encore ses
fossés non remblayés. La photo ci-dessous montre comment était ce
palais à cette époque.
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