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Description
C'est à Salses, petit village
du Nord du Roussillon que se dresse le plus bel exemple d'architecture
militaire dite "de transition". Il s'agit d'un fort d'une forme
rectangulaire (115 mètres de long sur 90 de large) possédant une tour
cylindrique placée à chaque angle. Il a été construit profondément
enfoui dans le sol de façon a se dérober en partie aux vues et aux coups
de l'ennemi. Les tours d'angle, qui sont des tours d'artillerie, sont
largement ventilées par des gaines verticales cylindriques autour
desquels s'enroulent les escaliers en colimaçon qui mènent sur la partie
supérieure. Ces gaines, que trop de personnes prennent encore pour des
oubliettes, servaient aussi de communication acoustique.

Salses, par Louis Nicolas de Lespinasse (1734-1808),
dessinateur. (dessin à la plume et encre de Chine, aquarelle)
Les murs ont une épaisseur de 10 à 12 mètres de maçonnerie pleine et
sont entourés d'une galerie d'escarpe qui joue à la fois le rôle de
galerie d'écoute et de galerie de contre-mine.
«
Gravure du XVIIe siècle (cliquez pour agrandir)
La forteresse se divise en deux parties séparées par un large fossé intérieur
et une courtine à éperon. La première partie, celle située à l'est,
est constituée par une vaste place d'armes autour de laquelle sont disposés
les logements de la garnison (d'une capacité de 1000 à 1200 soldats),
les magasins et les écuries (300 chevaux). La seconde partie comprends
principalement en son centre le donjon. Elle est cloisonnée et son seul
accès est le pont-levis.
En complément, cette forteresse est flanquée au nord-ouest, à l'est et
au sud de trois ouvrages extérieurs en forme de demi-lune reliés au
corps par des tunnels aux galeries voûtées. (Caponnière) Ces tunnels sont masqués de
l'extérieur par l'eau des douves, abondamment alimentées par une source
de fort débit.
L'artillerie du fort comprenait 24 canons. Ceux de gros calibres étaient
disposés sur la plate-forme extérieure au sommet des tours.
Histoire
L'histoire de fort débute en 1497, soit quatre ans après que le roi de
France Charles VIII ai restitué le
Roussillon au roi d'Espagne Ferdinand
V le Catholique. Celui-ci désirait verrouiller l'étroit passage qui
existe entre les derniers contreforts des Corbières et les étangs qui étaient
infranchissables à l'époque et qui constituait la seule voie d'accès de
la région par le Nord (voir la carte
géographique). Il confia donc la
construction d'une citadelle à Francisco Ramiro Lopez, aragonais
d'origine à qui on devra par la suite la construction partielle de la
citadelle de Collioure.
Six ans après avoir débuté les travaux et alors que le fort était loin
d'être achevé, la citadelle dû résister aux assauts de l'armée française.
Au cours de ce siège aura lieu l'explosion de la première mine de guerre
qui ait réussi et fera plusieurs centaines de victimes.
L'entrée du château »
En 1538 alors que cette fois-ci le fort est achevé Salses aura l'honneur
de recevoir la visite de Charles Quint en personne. Durant
le siècle suivant il dû subir de nombreuses attaques mais rempli
correctement son rôle de défenseur des frontières Nord. C'est le 20
juillet 1639, après 40 jours de résistance, qu'il tombera aux mains de
ceux que l'on
appelaient à l'époque "les meilleurs régiments du
Royaume de France" placés sous le commandement d'Henry II de Bourbon
et du maréchal Schomberg. L'histoire retiendra surtout qu'après la chute
du fort, les troupes françaises
ne furent plus en mesure de poursuivre
leurs offensives ce qui fait que le fort pu une dernière fois jouer son rôle
de surveillance.
Sitôt pris, les troupes françaises furent assiégées du 1er septembre
1639 au 6 janvier 1640, période où plusieurs régiments français enfermés
dans le fort opposeront une résistance acharnée aux troupes espagnoles désireuses
de récupérer leurs biens. C'est seulement la faim qui ouvrit les portes
aux adversaires.
« Le fossé Est et le donjon
A partir de cette
époque, le fort de Salses a été longtemps en porte-à-faux, il a failli
disparaître à plusieurs reprises. En 1718 par exemple, sa destruction était
prévue, mais l'idée est finalement abandonnée pour réapparaître en
1726, où elle est à nouveau abandonnée. En 1793, le fort abrite une
garnison jusqu'en 1804 où il est à nouveau sur la sellette : sa
destruction est prévue. Sauvé de justesse, le scénario se représente
encore 29 ans plus tard, en 1833. L'abandon final de la destruction a
permis de le conserver jusqu'à nos jours.
Plan du château
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1 |
Premier pont-levis |
| 2 |
Première barbacane |
| 3 |
Seconde barbacane |
| 4 |
Barbacane Nord-Est |
| 5 |
Barbacane Ouest |
| 6 |
Second pont-levis et
entrée |
| 7 |
Place d'armes |
| 8 |
Logement de la
garnison |
| 9 |
Magasin |
| 10 |
Ecuries |
| 11 |
Tour circulaire
d'artillerie (une par angle) |
| 12 |
Caponnières |
| 13 |
Fossé Sud |
| 14 |
Fossé Est |
| 15 |
Fossé Nord |
| 16 |
Fossé Ouest |
| 17 |
Galerie de
contre-escarpe Est |
| 18 |
Galerie de contre-escarpe Nord |
| 19 |
Donjon |
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