Les Retables catalans

Les époques du retable catalan (1/2)

Découvrons le travail des retables, ces meubles religieux, en Catalogne Nord.
 
 
 Les retables catalans : Page 1/2
 
 
Bonjour ! Je m'appelle Philippe, moi aussi je visite ce site !    
   
     

Un retable est une pièce architecturale décorative à vocation religieuse. Fabriqués pour les églises, ils sont placés en fond de chapelle. Le retable principal de l'église, mis au fond du chœur, est appelé retable du maître-autel.

Le Roussillon et la Cerdagne possèdent énormément de retables, pour la plupart tous encore à leurs places. Apparus durant le XIIe siècle, ils sont toujours fabriqués de nos jours. On les classe en 4 catégories en fonction de leur époque : le retable roman, le gothique, le renaissance et le baroque.

Le retable roman

Il s'agit en fait d'un pré-retable. Entre l'invasion carolingienne marquant le retour la foi chrétienne dans la région et la fin de la période romane (VIIIe-XIIe siècle) les églises ne possédaient pas d'autres décors que les sculptures sur pierre.

Au douzième siècle apparut l'antépendium, un décor peint se plaçant à l'avant de l'autel. Il a une forme rectangulaire horizontale. Les peintures narrent des épisodes religieux et servent de support au prêtre. De telle pièce se trouvent encore dans les églises de montagne : Celle de La Llagone ou celle d'Angoustrine en conservent un dans leurs murs.

A partir du XIIIe siècle les techniques décoratives s'enrichissent. L'antépendium évolue, s'agrandit et se place à l'arrière de l'autel. Il s'agit alors de la toute première forme de retable. Le premier exemple d'un tel objet est le petit retable d'Angoustrine. Daté du début du XIIIe siècle, il est composé d'un baldaquin abritant la statue de la Vierge et de deux panneaux latéraux peints.

On voit également à cette époque des panneaux peints érigés sur l'autel lui-même, légèrement en retrait. Cette mise en scène impose aux prêtres de commander des objets plus haut que large. Sur ces nouveaux modèles les peintures sont stéréotypées : La partie centrale est occupée par la figure de dévotion et de part et d'autre on trouve des scènes narratives. Le retable de la crucifixion de Serdinya, daté de 1342, en est un bon exemple.

Le retable gothique

C'est à partir de la seconde moitié du XIVe siècle que le retable va réellement évoluer. Il va tout d'abord gagner en hauteur. La place ainsi libérée permet des décors plus complexe. Les panneaux peints sont compartimentés, ils sont encadrés (on appelle ces encadrements des guardapois). Le retable de Ste Marthe à Iravals, (attribué à Destorrents) est un exemple de retable gothique ancien.

Voyons tout d'abord le soubassement. Il est composé d'une prédelle de cinq compartiments de mêmes tailles. La représentation centrale est systématiquement le Christ de pitié.

Sur la partie supérieur, le modèle tripartite est la norme. Le principe est figure emblématique au centre et les scènes narratives sur les côtés sera conservé du XVe siècle et au milieu du XVIe. Le retable gothique à des panneaux peints, sa travée centrale est plus haute et plus large, divisée en deux parties : dans celle du bas, plus haute, figure l'image de dévotion, alors que dans celle du haut est représentée la crucifixion. Les travées latérales sont divisées en deux ou trois espaces peintes avec des scènes narratives. Les travées sont séparées par des moulures ou des colonettes décorées de motifs architecturaux.

Dans la première moitié du XVe siècle, les fonds sont dorés à l'or pur, mais le coût engendré est tellement élevé que par la suite on ne l'a employé que pour les parties stuquées et les reliefs.

Le retable renaissance

A partir du XVIe siècle la forme des retable change. Devenant encore plus grand, il commence à faire la place à la statuaire.

La scène représentée sur la partie centrale n'est plus qu'un décor, le sujet principal n'est plus peint : c'est une statue. Il n'y a plus ni décors sculptés, ni pinacles (pointes décorées s'élevant vers le ciel). Les artisans privilégient les colonnes ayant un fût à pointes de diamant ou avec des arabesques. Le haut de la colonne est cannelé.

Cette évolution naturelle sera relativement brève car dès le milieu du XVIIe siècle paraissent les retables baroques, prolongements naturels d'une société excessive.

Le retable baroque

Le XVIIe siècle sera marqué par un renouveau religieux intense. Politiquement le Roussillon est pris dans la tourmente de la guerre franco-espagnole (guerre de 30 ans) qui ne s'achèvera qu'avec la signature du traité des Pyrénées en 1659. Cette situation pousse la population à se retourner vers la religion. Cette période va multiplier les commandes de retables dans toute la région avec plus de 800 pièces fabriquées.

Le premier âge baroque (de 1644 à 1675) se caractérise par le retour des bas-reliefs. Des statues en rond de bosse remplacent les panneaux peints. Globalement le retable devient le mobilier principal de l'église, il la caractérise de façon unique. La forme générale en triptyque est toujours la norme, les travées verticales sont séparées par des colonnes ou des pilastres. C'est à cette époque que l'on voit des anges apparaîtrent, on les doit au célèbre Louis Générés.

Le deuxième âge baroque (de 1675 à 1720) surcharge le retable. C'est de cette époque que date les retables lourds de décoration, avec une statuaire riche et des couleurs éclatantes. Entre autres modifications, les colonnes deviennent torsadées, se qui caractérisent bien la 2e période baroque.

Par la suite, après 1720, l'art baroque se poursuit en poursuivant son évolution. Le marbre est introduit, mais les commandes ne suivent pas. L'idée est alors abandonnée et le bois reste le principal matériel.

La fin des ateliers

A partir du XVIIIe siècle s'opère un retour aux sources. Les formes des retables se simplifient. On voit apparaît un style néoclassique, d'une architecture plus lisse et moins tape-à-l'œil. Puis au début du XXe siècle l'industrialisation fait naître le retable produit en série. A partir de là toutes les formes et tous les styles deviennent réalisables, on ne peut plus parler de style de retable contemporain.

 

Les retables : page 1 - 2

 
 
Copyright "Histoire du Roussillon" 1998-2008
 
Toute reproduction ou représentation totale ou partielle de ce site par quelque procédé que ce soit, sans autorisation expresse, est interdite, y compris pour les photos, cartes, documents ainsi que tout autre élément (y compris décors ou éléments d'images) présent ou l'ayant été sur le site. Les éléments présentés dans ce site sont susceptibles de modification sans préavis.
 
Mesure d'audience