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Généralités
La Retirada, ça signifie "Retraite" en espagnol. Ce
terme n'est pas assez dur pour désigner ce qu'ont endurer les
personnes concernés par l'histoire qui va suivre...
Nous sommes en 1938, à la veille de la seconde guerre mondiale.
En Espagne, le dictateur Franco obtient des pouvoirs accrus. Ses
alliances avec Hitler constituent une menace pour la France, la
population espagnole est inquiète pour ses libertés. Le début de
l'année 1939 va tout provoquer.
En deux semaines seulement, 100 000 réfugiés vont passer le col
d'Arès, à Prats de Mollo. Tous les points de passage sont concernés.
Le col du Perthus, la route de Cerbère voient passer les foules.
Les évènements
C'est par le col d'Arès que les premiers réfugiés arrivent, le
27 janvier 1939, en France. Arrêté à Prats de Mollo, ils
s'installeront comme ils pourront dans la ville. Le lendemain le
mouvement s'accélère au point d'inquiéter les autorités. L'école
primaire est réquisitionné mais il manque rapidement de la place
pour les loger. Par crainte de débordement, les autorités envoient
en nombre des gardes mobiles et des tirailleurs sénégalais. Dès
le 29 des convois partent en direction du camp de triage du Boulou.
Le 31 janvier le ministre de l'intérieur se rend à Prats de
Mollo pour assister à cet exode humanitaire. Pour accueillir ces réfugiés
on construit quatre camps de concentration dans la vallée du Tech.
Les abris sont construits en branches, feuilles, tout ce qui peut
servir est récupéré. Les arbres environnants les camps sont
abattus pour faire du bois de chauffage. Pour contrer le froid on en
vient à brûler le matériel scolaire et les crosses des armes à
feu. Il faut acheminer en urgence 30 tonnes de nourriture par jour
pour faire survivre cette marée humaine.
Le 13 février la frontière est officiellement fermée, gardée
par les soldats de Franco. 35000 réfugiés sont toujours internés
dans les camps de Prats de Mollo, bien d'autres le sont dans les
autres camps du département. La nouvelle vague de froid qui s'abat
sur la vallée pousse les autorités locales à ouvrir tous les
lieux publics, les églises, les écoles, et fait réquisitionner
les granges, les appartements, les garages, etc.
Les camps seront définitivement fermés fin mars, mais cet hiver
fut considéré comme un calvaire par ses espagnols fuyant Franco.
Dans le même temps Cerbère voit arriver une masse considérable
d'espagnols. Franchissant la frontière, ils furent internés de la
même manière dans des camps créés de toutes pièces sur la plage
d'Argelès sur mer. Si le froid ne les a pas autant touché que
leurs compatriotes laissés à Prats
de Mollo, ils durent toutefois subir les affres des épidémies.
250 000 réfugiés passeront par ce camps d'Argelès durant l'hiver
1939. Rien qu'au mois de mars 1939, c'est pas moins de 77000 qui
furent internés à Argelès. Un autre camp fut ouvert à St
Cyprien, il accueillit 90000 personnes.
A St Laurent de Cerdans, autre lieu de passage, 70 000 réfugiés
arrivent au village. 5000 ont pu être logé sur place, en
particulier dans une fabrique de sandales transformées en dortoir.
Au total, en quinze jours seulement, c'est plus de 450 000
personnes qui arrivent dans le département. Afin de canaliser le
flot de républicains, les autorités les firent donc passer de
camps de concentration locaux (Prats, Argelès) dans des camps plus
vastes, dans la plaine : le Camp
Joffre, qui connaîtra les premières parties sombres de son
histoire.
De nos jours...
De nos jours, soit plus de 60 ans après, une grande partie de
ces familles sont toujours installées dans la région. Leurs
enfants ont grandi et sont devenus français. Quel catalan n'a pas
un ami nommé Sanchez, Garcia ou Lopez ?
Le Camp
Joffre est en grande partie en ruine. D'ici peu, il sera
transformé en lieu de souvenir. La plage d'Argelès sur mer possède
un monument commémoratif dédié aux réfugiés espagnols. |