Mesure du méridien

Une fantastique aventure passant en Roussillon

L'établissement de la mesure du mètre ne s'est pas faite si facilement que ça...
 
 
 Méchain et Borda 
Bonjour ! Je m'appelle Philippe, moi aussi je visite ce site !    
   
     
C'est une bien longue aventure qui se déroula à la fin du XVIIIe siècle dans la région. Tout à commencé avec la révolution française, et la rédaction des fameux "Cahiers de doléance". Il s'agissait pour chaque commune de rédiger leurs doléances de façon à améliorer la vie des citoyens, en faisant le plus souvent table rase des notions utilisées durant l'ancien régime. Ainsi apparu une constante un peu partout en France : la nécessité d'avoir la même unité de mesure pour tous.

Afin d'uniformiser les unités de longueur (principalement), il fut décidé par un décret du 26 mars 1791 que l'unité de mesure serait la 10 millionnième partie du quart du méridien terrestre, et s'appèlerait le metre, du grec "metron" signifiant mesure. Toute la difficulté résidait alors dans la mesure du méridien terrestre. Après quelques recherches, on obta pour la mesure réelle d'une partie de ce méridien, celle compris entre Dunkerque et Barcelone. Deux astronomes de l'observatoire de Paris furent nommés : Jean-Baptiste Delambre et Pierre Méchain, et ils purent s'atteler à leur immense tache à partir de 1792.

Pour faire des mesures sur d'aussi longues distances, il est impossible de mesurer physiquement le sol. D'une part le travail serait trop long, d'autre part le relief, même minime, fausserait les résultats. On choisit donc la solution de la triangulation, utilisée depuis les égyptiens antiques.

« Carte de triangulation de Barcelone au pic de Bugarach. (Cliquez pour agrandir)

"Si l'on connaît deux angles et un coté d'un triangle, on peut en déduire , par calcul les deux autres cotés." dit le théorème. Il suffit donc de connaître une longueur, la base, et deux angles, mesurés à partir de sommets divers, pour connaître les autres côtés du triangle. En juxtaposant les triangles les uns aus autres, on parvient à progresser le long d'une ligne droite. Il y a toutefois plusieurs problèmes à ce système : la courbe terrestre par exemple. En effet, les triangles sont parfaitement plans, alors qu'en réalité ils sont légèrement convexes. Il faut donc, par une formule mathématique, ramener l'hypothétique courbe terrestre à une ligne située au niveau de la mer. Dunkerque et Barcelone sont au niveau de la mer, ces deux villes n'ont pas été choisies au hasard. Autre difficulté, il faut mesurer systématiquement la latitude des extrémités de la portions de terrains, ce qui ne va pas forcément de soit à cette époque.

Concrêtement le méridien est rapporté à une succession de triangles dont les cotés se suivent. Il faut pour celà une base connue, ce que l'on appelle la "distance de référence", qui est mesurée au sol, elle. Il faut bien sûr un terrain plat, parfaitement rectiligne, et suffisament long pour que d'un sommet voisin on puisse mesurer des angles d'un triangle imaginaire partant sur des kilomètres carrées de terrain. Cette base fut trouvée à Melun, mais il fallut en faire une seconde, dans le Sud de la France, pour valider les mesures : Elle fut créé en 1799 à Perpignan, entre la patte d'oie, au Vernet, et Salses-le-château. A l'époque cette route était elle aussi parfaitement rectiligne et mesurait 11706m exactement, mesures faites à l'aide de "règles de Borda" d'une longueur de 3.898m (2 toises). Ceci explique pourquoi les bornes que l'on voit à Perpignan et à l'entrée de de Salses ne sont pas sur la méridienne de Paris : elles servaient juste de base de mesure.

Doté de la base de Melun, puis de celle de Perpignan, nos deux astronomes purent commencer leurs études. Ils se séparèrent le 25 juin 1792, Jean-Baptiste Delambre mesurant la distance Dunkerque-Rodez, Pierre Méchain Rodez-Barcelone. Il faut dire que du côté du Roussillon, Méchain s'était confronté à la guerre de 1793, qui l'a empéché d'avancer correctement. Le travail fut long, mais les deux astronomes se revirent en novembre 1798 après avoir terminé leur travaux. Méchain voulu poursuivre son travail jusqu'au îles Baléares, mais il mourrut entre temps. Il fut remplacé dans cette tache par François Arago, qui dû affronter des conditions autrement plus difficiles (Napoléon avait envahit l'Espagne)

A l'issue de cette aventure, les français connaissaient la longueur du quart du méridien terrestre. Les cartes qu'ils ont créés sont visibles ici. Ils en déduisirent le mètre, et créèrent ainsi le système métrique, qui fut adopté en France en 1799, puis par d'autres pays par la suite. Aujourd'hui on définit le mètre différemment : Il s'agit de la longueur du trajet parcouru dans le vide par la lumière pendant une durée de 1/ 299 792 458e de seconde. Beaucoup moins poétique, mais beaucoup plus précis !

Quand à nos deux astronomes, l'histoire ne les a pas oublié. Ils sont aujourd'hui encore représentés sur le dessin en trompe-l'oeil de la patte d'oie, accoudés à un balcon, avec des instruments de mesures à leurs pieds. Et pour finir, saviez vous que notre département possède une 3e borne de mesure ? Elle se trouve sur la route menant de Perpignan à Peyrestortes, sur la gauche, près de l'aéroport. Elle n'est que commémorative, elle marque l'azimut de Força-Réal. Elle fut érigée par le ministère de la guerre en 1891 pour commémorer les nouvelles mesures refaites cette année-là par l'armée.

   
 
   Page précédente

Sommaire des dossiers historiques

   Page suivante

 
 
Copyright "Histoire du Roussillon" 1998-2008
 
Toute reproduction ou représentation totale ou partielle de ce site par quelque procédé que ce soit, sans autorisation expresse, est interdite, y compris pour les photos, cartes, documents ainsi que tout autre élément (y compris décors ou éléments d'images) présent ou l'ayant été sur le site. Les éléments présentés dans ce site sont susceptibles de modification sans préavis.
 
Mesure d'audience