La Guerre de 1793

Origine du conflit et l'invasion

J'ai horreur de cette période. C'était la dernière guerre traditionnelle, autant dire qu'elle fit énormément de morts. Et tout ça pour quoi ?
 
 
 La guerre de 1793
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Origine du conflit

Depuis 1659 le traité des Pyrénées a divisée la Catalogne en deux. Les habitants du Roussillon, du Conflent et de Cerdagne restent en grande partie du côté de l'Espagne, où leurs compatriotes sont les plus nombreux (à cette époque, la Catalogne restait une identité plus forte que la notion de pays).

Or la révolution a mis à mal la France. Les différents régimes politiques, les luttes de pouvoir remettent en cause le pays dans son ensemble. Du plus, les armées sont désorganisées, le pouvoir s'arrache entre les différents partisans. La situation est donc très favorable à une récupération armée des comtés Nord catalans, l'opposition ne devant pas être trop forte.

A partir de mai 1792 des rumeurs d'une invasions espagnoles circulent en France, mais la situation est trop instable pour pouvoir s'y intéresser. L'ambassadeur de France en Espagne écrivit le 19 octobre aux autorités locales, "Les dispositions de l'Espagne à l'égard de la France sont malveillantes peut-être, mais éloignées de se manifester par des hostilités". Le 21 janvier 1793 Louis XVI est exécuté. La royauté est définitivement déboulonnée. Ce sera le signal de l'invasion espagnole.

Stratégies appliquées

Heureusement pour la France les troupes espagnoles ne se sont pas habitués aux guerres "modernes". Héritée du XVIe et XVIIe siècle la stratégie militaire était une stratégie de défense : Du coup les invasions "éclairs" n'ont jamais pu être efficaces chez eux. Ainsi tout au long du conflit l'armée espagnole n'a pas fait un pas en avant sans être sûr de ses arrières, contrairement aux techniques françaises (en particulier sous Napoléon) qui voulaient qu'une pénétration se fasse jusqu'à ce que l'opposition soit trop forte pour avancer. 

Sentant venir la crise, la France créée une "armée des Pyrénées-Orientales" qui, d'après le maire de Perpignan Lucia, n'est "qu'une montre sans ressort". Pendant ce temps l'armée espagnole se masse derrière les Pyrénées. Devançant l'invasion, la convention déclare la guerre à l'Espagne en 1793. Le 17 avril 1793 le roi d'Espagne Charles IV lance ses troupes sur la Cerdagne et le Roussillon qui vont alors être en première ligne d'une succession de batailles dont chaque village va souffrir.

Du côté espagnol, le roi donna le commandement de son armée au général Antonio Ricardos Carillo. La stratégie de celui-ci consistait avant tout à réussir à faire passer son armée de l'autre côté de Pyrénées, les hauts cols ne permettant pas une invasion surprise. Il choisi donc de faire deux diversions, la première en Vallespir et la deuxième, plus tard, en Cerdagne.

L'avancée foudroyante des Espagnols

Le 17 avril 1793 le général Ricardos, à la tête d'une forte armée, franchit les Pyrénées par le col de St Laurent de Cerdans. Relativement à l'aise dans ces hautes montagnes, il progresse rapidement et se rend maître de la vallée du Tech, puis il descend sur le Boulou, sur  Maureillas. Face à lui la convention lance un appel à la population locale : en un rien de temps 10 000 hommes sont recrutés pour la défense de leur territoire, avec à leurs têtes les généraux de Flers, Grandpré, Solbeauclair et Dagobert.

Le général Dagobert installe son quartier général à Banyuls dels Aspres et de là reprend les Albères. Les forces espagnoles se replient à Montesquieu des Albères. Un face à face commence, chaque camp reprenant du terrain petit à petit. Le 1er mai le général Ricardos engage la grande bataille du Boulou.

Le passage suivant est extraite du livre "L'histoire du Roussillon" de J. Calmette et P. Vidal.

Dès 4 heures du matin, les Français remontent en même temps les deux rives du Tech. Les batteries espagnoles sont enlevées par le général Lemoine; le général Quesnel, avec ses cavaliers, prend les équipages en tête, pendant que le général La Barra, franchit le pont de Ceret dont Augereau a ouvert le passage. Il tombe ainsi sur l'arrière de l'ennemi.

C'est alors la déroute au camp espagnol : cavaliers et fantassins ne songent qu'à fuir. Le général Espagnol, De la Union, laissait aux mains de Dugommier, 2500 prisonniers, 140 pièces de canon, 800 mulets chargés de bagages et d'effets de campement pour 20.000 hommes.

Le 9 mai Sorède et Laroque des Albères tombent aux mains ennemis. Toutes les forces françaises du secteur se replient sur Collioure et d'une manière plus générale tentent de conserver la côte rocheuse, ceci au risque de se couper les voies de communications terrestres. Le général Dugommier détache 14000 hommes pour prendre les hauteurs du fort St Elme, Port-Vendres et Banyuls sur mer. Le 22 mai Collioure est encerclé. Le lendemain la ville fait parvenir un appel aux vivres à la ville de Narbonne et fait l'état des réserves en vue de soutenir un siège.

Le 23 mai le maréchal de camp espagnol Crespo parvient à faire chuter Argelès sur mer avec 3000 hommes, 240 chevaux et 10 pièces d'artillerie. Du coup, Elne capitule aussi. Arles sur Tech se rend en courant mai avec 340 hommes. Le fort Lagarde capitule rapidement par manque d'eau, livrant 250 soldats à l'ennemi.

Le 31 mai les espagnols sont 9000 hommes dans la plaine, 6000 au fort de Bellegarde, 3000 dans la basse plaine du Tech à Argelès et 2000 dans le haut Vallespir. Collioure reçoit de l'aide alimentaire (blé) le 10 juin, puis le 19 d'autres vivres et des munitions. Le 21 juin la vigie du fort St Elme signale 5 vaisseaux du côté du Cap Creus.

Le fort de Bellegarde, au XVIIIe siècle

Le fort de Bellegarde montre des signes de faiblesse. Pour le gagner plus rapidement Ricardos le fait bombarder. Un déluge de 30000 boulets, bombes et autres grenades s'abattent sur la citadelle qui capitule le 26 juin. Elle sera reprise le 18 septembre par le général Augereau. Les espagnols prennent en outre la maîtrise du passage du Perthus.

   
 
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