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En 1162 décède Raymond Bérenger IV, comte de Barcelone et
prince consort d'Aragon. Son fils Alphonse est alors le premier
comte catalan à monter sur le trône d'Aragon, titre que ses
enfants conserveront jusqu'à la disparition du royaume d'Aragon au
XVIe siècle. Cet évènement marque l'importance du comté
de Barcelone. Le Roussillon, lui, est toujours autonome, mais plus
pour longtemps...
Alphonse II : Le premier comte-roi
Né en 1152 de raymond Bérenger IV et de Pétronille, Alphonse
monta sur le trône d'Aragon sous le nom d'Alphonse II d'Aragon : Il
devint ainsi le premier "comte-roi d'Aragon". Pour
l'anecdote, Alphonse II monta sur le trône d'Aragon à l'âge de 5
ans seulement !
C'est sous son règne que le Roussillon
fut rattaché au comté de Barcelone. En 1172, le dernier comte du
Roussillon, Guinard II, meurt sans héritier. Par testament il lègue
son comté au comte de Barcelone, entre temps donc devenu roi
d'Aragon.
Toujours plus ou moins sous la coupe du roi de France, il s'en détache
en 1180 au conseil de Taragonne où il interdit de dater les actes
de l'ère du roi de France.
En Roussillon, Alphonse II fait fortifier la région. Les
villages de Marquixanes, Millas, Salses se dotent de remparts, dont
certains sont toujours visibles de nos jours. Afin de mieux contrôler
la cerdagne, il construit en 1178 une nouvelle ville au milieu du
plateau cerdan, au sommet d'un pic : le pic Cerdan (Puig Cerdan,
devenu Puigcerda). Cette ville nouvelle devient la capitale de la
Cerdagne en remplacement d'Hix. En fait, ce titre concernait
essentiellement en la possibilité d'organiser le marché régional.
En 1192 il poursuit cet effort de fortification est renforce la
frontière Nord avec la modification des châteaux de Puyvalador et
de Puigcerda.
Parmi les autres travaux, citons la construction du premier pont
de pierre de Perpignan passant au dessus de la Têt, en 1195.
Alphonse II meurt à Perpignan en 1196.
Pierre II d'Aragon : Le catharisme ou la fin d'un rêve
A la mort d'Alphonse II c'est son fils Pierre (1174-1213) qui
monte sur le trône d'Aragon sous le nom de Pierre II d'Aragon
(1196-1213). Premier roi catalan sacré par le pape (en 1204
seulement, soit 8 ans après sa prise de fonction réelle), il est
connu à Perpignan pour avoir accordé la charte communale, signée
le 23 février 1197. Cette charte accorde le droit à la ville de
nommer cinq consuls élus pour une année. Elle lui donne également
la "ma armada" (main armé).
En 1204 Pierre II se marie avec Marie, héritière de la
seigneurie de Montpellier. Cette ville devint à cette occasion une
possession du roi et tout comme à Perpignan il accorde une charte
(datée du 15 août 1204), stipulant que des prohomens
pourront être nommés. Mais il fallut attendre 1246 pour que se
soit effectivement le cas. Les prohomens étaient les ancêtres des
consuls, eux mêmes engendreront les maires et conseillers
municipaux.
En 1212 il remporta avec Alphonse VIII de Castille et Sanche VII
de Navarre la victoire de Las Navas de Tolosa contre les sarrasins.
Mais un évènement nouveau va bouleverser le destin de la région :
Le catharisme.
Branche dissidente du catholicisme, les cathares sont apparus à
Toulouse et se sont rapidement développés dans tous le Sud de la
France. Leurs préceptes consistent à se rapprocher de la vie du
Christ dans le sens où ceci nécessite une grande humilité. Les idées
nouvelles, surtout celles remettant en cause le confort de l'Eglise,
ne sont jamais les bienvenus. Ceci explique pourquoi le catharisme
fut directement défini comme une sorte de secte à détruire
rapidement.
Plusieurs guerres sans merci eurent lieu durant le début du XIIIe
siècle, chaque famille puissante étant obliger de se déclarer
catholique ou cathare ("hérétique" pour les catholiques,
"pur" suivant la vision cathares).
Or Pierre II d'Aragon et le chef de file du catharisme, Raymond
IV de Toulouse, étaient beaux-frères. Pierre II lui apporta tout
naturellement son soutien en s'engageant militairement auprès de
Raymond IV contre Simon de Montfort, chef de file des catholiques.
La principale bataille eut lieu à Muret, près de Toulouse.
Malheureusement pour les cathares, se fut une brillante victoire des
forces papales. Pierre II meurt sur le champ de bataille, les
troupes ennemis conquièrent le toulousain. Les derniers cathares se
réfugièrent dans les "citadelles du vertiges", dans les
Corbières (Peypertuse, Quéribus) et furent exterminés.
En guise de représailles le roi de France conserva les anciens
comtés hérités de Raymond Bérenger III au début du XIIe
siècle. (Provence, Languedoc, Toulousain, Carcassonnais, Razès,
Sault, Donnezan, etc.)
Par ailleurs il supprima toutes velléités d'expansion
du comté de Barcelone. Réduit à l'impuissance, le nouveau comte
de Barcelone Jacques se réfugia chez lui dans l'attente de jours
meilleurs. Ce qui ne tarda guère, l'histoire l'ayant surnommée Jacques
1er le Conquérant. |