Marguerite Duras

 

   Biographie   Oeuvres   Commentaires   Extraits   Société

Sommaire

 
Les petits chevaux de Tarquinia  
   

L'Italie et les rapports familiaux

"Les petits chevaux de Tarquinia", c'est le roman de vacances passées en Italie, au bord de la mer. Au bout d’une route, au pied d’une montagne, devant un débarcadère, un petit groupe de français, deux couples dont l’un a un enfant, retrouvent des amis italiens, une épicerie, un hôtel restaurant, un terrain de boules, une aire de bal, l’estuaire d’un fleuve, la mer, un paysage menacé par le feu d'un incendie de saison. Tout est torpeur.

La chaleur de l’été torride, le temps de vacances dont les vacanciers ne savent trop que faire, l’état des relations entre eux et au sein des couples. La torpeur et l’ennui de vacances dont ils  espéraient tout sont les deux facettes d’une seule et même chose : que faire de soi et de la liberté ? Qu’être sans l’amour de l’autre ?

Ils attendent qu’une chose : la brise du soir. Ils espèrent qu’une chose : la pluie et sa fraîcheur. Et puis l’amour, les femmes surtout et Sara en particulier. Dans le roman, un autre se développe, comme un lierre au tronc d’un arbre : le drame d’une mère et d’un père dont l’enfant, démineur, est mort déchiqueté par l’explosion d’une mine. Il a pour scène la montagne, au-dessus de la petite station balnéaire. Les parents ont ramassé ce qui reste de leur fils dans une boite, don de l’épicier, lui-même dans le deuil de sa femme. Ils ne parviennent pas à quitter les lieux. La torpeur du chagrin nourrit l’autre, celle des vacances.

La torpeur est ainsi perte de tous les repères sociaux qui organisaient ordinairement la vie de chacun des membres du groupe, et particulièrement la vie des couples et la représentation qu’ils ont de l’amour, des relations amoureuses. La torpeur est le vide de la vie, elle est la vacuité de l’existence quand la vie sociale ordinaire cesse de régler la vie de chacun et la question de sa vérité. Seul l’amour d’une mère, Sara, pour son fils, échappe à l’emprise de la torpeur et de l’ennui. A la différence des autres relations, rien ne l’entame.   Par ses nécessités, il détermine ce qu’elle, Sara, la mère, est et doit être.

La bonne aux amours faciles et sans histoire, est restée, malgré les vacances, prise dans l’étau de la relation sociale à ceux qui la paient. Elle  échappe à la torpeur, à l’ennui, et à tout ce qu’ils déterminent d’errements existentiels. La torpeur, comme la relative liberté du temps des vacances, met ce petit monde dans un état particulier où seuls importent les sentiments, les relations affectives, l’amitié, l’amour et au-delà, le désir, le désir de l’autre, le désir d’être désiré, d’être objet de désir. Cette torpeur est, par ses effets, un dépouillement. Elle ramène chacun aux fondements de son être, aux assises de son existence : le désir, le manque, l’amour, la reconnaissance de son existence, le sentiment d’exister. Elle est déréliction. Elle rappelle à Sara cette autre nécessité de la vie, l’amour absolu.

Sommaire   Plan du site   Liens  

 

En partenariat avec : Communes de France - Histoire du Roussillon - Art Roman